Lancement du Prix des Rencontres à Lire 2020

prix ral

Les prochaines Rencontres à Lire de Dax se tiendront du 17 au 19 avril 2020.

A cette occasion, un Prix des Rencontres sera décerné à l’un des sept auteur(e)s en lice pour cette nouvelle édition. Le jury délibèrera le 13 février 2020. Le ou la lauréat(e) sera invité(e) à recevoir son prix (une somme de 500 euros), le vendredi 17 avril 2020, des mains de la présidente du jury, Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014. Il ou elle participera aussi à une rencontre avec le public pendant la manifestation.

Qui compose le jury 2020 ?

Le jury, outre sa présidente, est composé de plusieurs personnalités du monde des livres et de la culture : François Garcia (écrivain, prix des Rencontres à Lire 2016), Corinne Crabos (ancienne libraire, animatrice du Jardin de Sculptures de La Petite Escalère), Corinne Sonnier (directrice de la Médiathèque départementale des Landes), Olivier du Payrat (directeur des Monuments historiques de Gironde), Patrick Volpilhac (directeur de l’ALCA, Bordeaux), Elisabeth Meller-Liron (ancienne directrice du livre, DRAC, Bordeaux), Manon Merle (directrice de la bibliothèque municipale de Dax), Isabelle Rabaud-Favereau (professeur, élue de Dax), Dominique Barras (libraire, librairie Campus, Dax), Marc Pautrel (écrivain, prix Henri de Régnier de l’Académie française 2016), Serge Airoldi (directeur artistique des Rencontres à Lire, écrivain, prix Henri de Régnier de l’Académie française 2017).

Quelle est la sélection retenue pour l’édition 2020 ?

Anne Pauly, Avant que j’oublie (Verdier)

anne

Il y a d’un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un «gros déglingo», dit sa fille, un vrai punk avant l’heure. Il y a de l’autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixelisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu’elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d’Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d’un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d’érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d’outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

Anne Pauly en quelques mots…

« J’ai préféré être du côté d’une revanche pour tous plutôt que du côté d’une ascension solitaire ». Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j’oublie est son premier roman.

Victoria Mas, Le Bal des folles (Albin Michel)

victoria

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles.  Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparties sur deux salles, d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques. Ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Victoria Mas en quelques mots…

Victoria Mas a travaillé dans le cinéma comme assistante de production, scripte et photographe de plateau. Elle étudie le cinéma et la littérature anglo-américaine aux Etats-Unis où elle a vécu 8 ans. De retour en France, elle obtient un master en littérature à la Sorbonne. « Le bal des folles » est son premier roman. Le Bal des folles est son premier roman.

Mathilde Chapuis, Nafar (Liana Levi)

Une nuit d’octobre, c’est sur la rive turque du Meriç, le fleuve-frontière qui sépare l’Orient de l’Europe, qu’une mystérieuse narratrice arrête son regard. Et plus précisément sur l’homme épuisé qui, dans les buissons de ronces, se cache des soldats chargés d’empêcher les clandestins de passer du côté grec. Car celui qui s’apprête à franchir le Meriç est un nafar : un sans-droit, un migrant. Retraçant pas à pas sa périlleuse traversée, la narratrice émaille son récit d’échappées sur cette région meurtrie par l’Histoire et sur le quotidien de tous les Syriens qui, comme l’homme à la veste bleue se préparant à plonger, cherchent coûte que coûte un avenir meilleur loin de la dictature de Bachar al-Assad. Elle est celle qui témoigne des combines et des faux départs, imagine ce qu’on lui tait, partage les doutes et les espoirs.
Dans ce premier roman bouleversant d’émotion retenue, Mathilde Chapuis nous conduit au plus près des obsessions de tous ceux qui n’ont d’autre choix que l’exil.

Mathilde Chapuis en quelques mots…

Après des études de littérature à Strasbourg puis à Naples, Mathilde Chapuis sillonne la Grèce, la Turquie et le Liban avant de s’installer de 2013 à 2015 à Istanbul.
Depuis 2016, elle vit à Bruxelles. Nafar est son premier roman.

Olivier Rogez, Les hommes incertains (Le Passage)

Anton a vingt ans. Fraîchement débarqué de Sibérie, il vit à Moscou chez son oncle Iouri Nesterov, haut responsable du KGB. Autour d’eux, le monde s’effondre. Nous sommes en 1989, la fièvre de la perestroïka s’est emparée de leur pays et la chute du mur de Berlin va entraîner celle de l’Union soviétique.
Chargé de surveiller de près la lutte politique qui se joue au sommet de l’État, spectateur désabusé d’un régime qu’il ne défend plus que par devoir, Iouri ne croit plus aux idéologies ni aux révolutions. Dans cette ville bouillonnante où se joue le drame collectif d’une nation, il accompagne la folle destinée de personnages déboussolés par l’époque : la peintre Helena, Aliona et ses talents divinatoires auxquels Anton ne reste pas longtemps insensible, Gueorgui le sombre Géorgien, ou encore le mystérieux starets qui semble surgir de la Russie prérévolutionnaire.
Alors que l’affrontement entre Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine menace de disloquer l’empire rouge, Iouri et Anton vont chacun à leur façon chercher à influencer le cours des événements. Les révolutions sont toujours l’occasion de mettre en valeur les grands hommes, à condition toutefois de ne pas se laisser dévorer : entre le sauve-qui-peut général et le chacun-pour-soi, ne risquent-ils pas d’y laisser leur âme ?

Olivier Rogez en quelques mots…

Olivier Rogez est né à Roubaix. Après des études d’économie et de sciences politiques, il s’oriente vers le journalisme. Licencié en Économie à l’Université de Lille et diplômé du CUEJ, l’École de journalisme de Strasbourg, il commence sa carrière à Moscou, au début des années 1990, où le choc des civilisations se résout dans l’effondrement fracassant de l’URSS. Pour divers médias, dont Radio France Internationale, il couvre les soubresauts de la naissance de la Russie.
À la fin des années 1990, il s’installe à Dakar, en tant qu’envoyé spécial permanent de RFI. Libéria, Sierra Leone, Guinée, Côte d’Ivoire mais aussi Congo, Soudan, Somalie et Érythrée, il couvrira pendant près de vingt ans les conflits politiques et militaires qui marquent l’actualité. Les hommes incertains est son deuxième roman.

Philippe Gerin, Les voyages de Cosme K (Gaïa)

A l’orée de la vingtaine, Cosme K déserte la maison familiale et trouve refuge dans l’errance. Au hasard des rencontres, il pose son sac au bord du cercle polaire en Norvège, sur les rives sauvages du lac Baïkal et dans la modernité enivrante de Singapour. Discret et solaire, il est accueilli par des inconnus et s’immisce dans leur quotidien avant que la route, pourtant, ne le reprenne.
Alors qu’il aborde les confins du monde connu, son frère se lance sur ses traces. En retrouvant les hommes et les femmes que Cosme K a croisés et dont il a bouleversé l’existence, il reconstitue son parcours et s’efforce de réconcilier leur destin.
Traversé par la culpabilité et le pardon, ce roman initiatique se déploie dans des paysages majestueux.

Philippe Gerin en quelques mots…

Philippe Gerin est né à Sainte Étienne. Il a vécu plusieurs années en Allemagne. Chef de Projet de Recherche au sein d’une entreprise de Télécommunication, il s’est lancé dans l’écriture plus active depuis cinq ans. Les voyages de Cosme K est un premier roman.

Philippe Marczewski, Blues pour trois tombes et un fantôme (Inculte)

On n’habite jamais une ville, seulement l’idée que l’on s’en fait. C’est l’imaginaire et la mythologie, le territoire mental de chacun, qui se surimposent à la ville réelle. Dans ce premier livre, Philippe Marczewski dérive dans le pays qui est le sien depuis son enfance. Ce pourrait être Sheffield, Amiens, Essen ou Gênes. Ce pourrait être n’importe quelle ville. C’est Liège, ses banlieues et sa campagne limitrophe.
Passant d’une antique chênaie arrachée à des terrils devenus collines boisées, d’une montagne en escalier d’où l’on aperçoit presque la mer à des usines spectrales se découpant sur l’horizon forestier, l’auteur écluse des bières dans la banlieue rouge, foule la tombe anonyme d’un guitariste de génie, bouscule le fantôme d’un Chet Baker émacié, et se laisse emporter par la mélancolie nocturne d’un fleuve encagé. Ici les grands hommes ne sont pas statues mais formes à peine visibles, corps tapis dans l’ombre, fumées évanescentes. Avec ce récit qui rappelle Henri Calet, Jean-Paul Kauffmann (Remonter la Marne), Philippe Vasset ou le psychogéographe anglais Iain Sinclair, Philippe Marczewski dessine la géographie intime d’une ville et de ses habitants, passés et actuels.

Philippe Marczewski en quelques mots…

Philippe Marczewski est né en 1974. Chercheur en neuropsychologie cognitive durant six ans, il a ensuite été libraire pendant seize ans, à Liège. Blues pour trois tombes et un fantôme est son premier livre. Blues pour trois tombes et un fantôme est son premier livre.

Félix Macherez, Au pays des rêves noirs (Editions des Equateurs)

« Pendant des mois, j’avais pensé à fuir, aller voir ailleurs, m’évader, m’isoler. Artaud, aujourd’hui, me donne la destination. On tente désespérément de saisir les choses, de sonder le gouffre, de décoder un problème qui ne demande aucune solution. Et, un jour, un auteur vient à notre rencontre, et nous invite à le suivre. C’est le début du voyage. » Comment être vivant dans un monde mort ? Un monde sans hasard, sans risque ni mystères. Désespéré par l’appauvrissement du réel, le narrateur se rend au Mexique, jusqu’au pays des Tarahumaras d’Antonin Artaud. Tout le fascine dans cette civilisation ancestrale qui vit en dehors du progrès : les canyons inaccessibles, la terre sacrée, les ciels bas, le culte du soleil, les rites sombres du Ciguri pour connecter les hommes aux dieux… Pourtant, la réalité qu’il découvre est à l’opposé du monde décrit par Artaud. La modernité, le trafic de drogue, l’alcool ont tout perverti. Les rêves ne sont plus qu’un mirage. Cette civilisation s’est-elle totalement évanouie ou reste-t-il quelques résidus de magie ? Ce livre n’est pas seulement un carnet de voyage incandescent dans la Sierra Tarahumara, c’est aussi un carnet de l’enfermement. Le livre d’un homme qui apprend que toute quête ne ramène qu’à soi-même.

Félix Macherez en quelques mots…

Felix Macherez est né en 1989. Après avoir vécu seize ans à la Réunion, il est parti vivre en Californie pour étudier le journalisme. Il a notamment écrit pour Vice, 8e étage ou encore Slate. Au pays des rêves noirs est son premier roman.

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×