-A A +A

Atrium

Version imprimable

Cet ensemble de style Art Déco, fortement inspiré des architectures éphémères dont GRANET fut un spécialiste à la fin des années 20, se compose de 4 espaces ouverts au public, aménagés dans un style très épuré. Cette organisation très fluide et lumineuse, moderne permet une grande souplesse d’utilisation des lieux.

Aujourd’hui l’Atrium retrouve sa véritable fonction d’animation, de loisirs et de détente au cœur de la ville.

 

Une restauration dans l’esprit Granet


Un édifice à l’abandon


En 1995, lors du diagnostic du bâtiment, la Ville de Dax se trouve face à un édifice désaffecté et délabré.

«L’absence d’entretien et l’obsolescence de certaines techniques de construction, l’étanchéité des terrasses en particulier ont entraîné une dégradation. Des phénomènes de rouille, de corrosion, d’éclatement apparaissent sur l’ensemble du bâtiment. De plus, des modifications successives apportées au cours des années précédentes ont toujours été réalisées sans se soucier de l’originalité de l’ouvrage »

 

La restauration


Les procédés constructifs utilisés, basés sur trames, poteaux et poutres en béton armé ne sont pas très éloignés des techniques utilisées actuellement qui permettent ainsi d'établir un projet de restauration fidèle au batiment.

Les éléments décoratifs tels que les stucs, les ferroneries, les mosaïques ont été retiré de l'édifice puis reconstitués à l'identique.

 

Le porche, le hall et la mezzanine, le restaurant, le théâtre de verdure, sa scène et les galeries retrouvent aujourd'hui leurs éléments de décor.

Les façades, cours de Verdun, cours Foch, sont elles aussi fidèlement restaurées.
Le bâtiment a été inauguré en mai 2005.


Coût total des travaux

Montant total de l'opération : 3 903 197.80 € TTC
L'inscription à l'onventaire supplémentaire des monuments historiques en date du 16 octobre 2000 autorise le financement au titre de la restauration des monuments historiques et de la valorisation du patrimoines suivant les modalités suivantes :
Etat : 30 % du montant HT des travaux de restauration soit 592 418 € TTC
Conseil régional : 15 % d'un montant plafonné soit : 137 220 € TTC
Conseil général : 25 % du montant HT des travaux de restauration soit 492 682 € TTC
Ville de Dax : solde soit 2 679 877,8 € TTC

Une station Art Déco

Le 5 novembre 1926, Jean Eugène Milliès Lacroix, conseiller municipal, homme d’affaires, crée une nouvelle société fermière : la société immobilière et fermière des eaux de Dax, la SIFED dont l’objectif est l’exploitation des richesses thermales de la ville.

Son ambition est d’encourager la construction de nouveaux hôtels et établissements appropriés à chaque catégorie de curistes afin de faire de Dax « une ville thermale moderne et modèle ».
Il commande à André Granet dès 1925 des projets d’architecture. Deux verront le jour : l’Atrium Casino et le Splendid Hôtel. Ces deux bâtiments seront signés André Granet avec l’aide de Roger Expert, architectes parisiens, secondés par 2 architectes locaux Pommade et Prunetti.

 

Un ensemble exceptionnel Art Déco


1er juillet 1928 : l’Atrium Casino est inauguré par une représentation en plein air de l’opéra de Gounod « Mireille » devant près de 1200 spectateurs. « Ce magnifique monument moderne » - peut-on lire dans la DAX REPUBLICAIN du 7 juillet 1928 – « donnera satisfaction tout à la fois à la colonie étrangère et à la population sédentaire de la ville ». Conçu sur les données les plus modernes, l’Atrium Casino a prévu tous les services importants : restaurants, café, dancing, salle de spectacle d’été, salle de baccara et enfin bar américain aux ornements cubistes.

26 octobre 1929 : la ville se dote d’un établissement hôtelier et thermal de grand luxe qui lui faisait défaut – le splendid hôtel, palace de 184 chambres.

André GRANET (1881-1978)


André Granet naquit à Paris le 6 mai 1881. Son père, Antoine-Louis Granet (1852-1935), originaire d’Arlanc dans le Puy de Dôme, était lui-même architecte. Sa mère, Marie Ouvrié, était la fille du peintre Justin Ouvrié et la nièce d’Eugène Scribe.

Après des études au Lycée Condorcet, à Paris, Granet entra à l’Ecole des Beaux-Arts en 1901, dans l’atelier de Gaston Redon. Il y rencontra Roger-Henri Expert (1882-1955), avec lequel il devait nouer plus tard une étroite collaboration. Diplômé en 1907, il épousa en 1922 Geneviève Salles, petite-fille de Gustave Eiffel.

 

Les deux tiers de la carrière de Granet correspondent à des constructions pour des commanditaires privés. En 1919, il réalisa la villa de style anglo-normand de Roger Martin du Gard, puis, en 1920, la villa La Trirème, près de Trouville (dont il fit une de ses maisons de vacances).

En 1928, il construisit pour des ingénieurs de la Société des Torpilles de Saint-Tropez une cité de villas résidentielles très variées dans leur plan et leur composition. Trois cités ouvrières importantes datent aussi de cette période : Villacoublay (1923), Lomme (1923) et Wambrechies (1932). Constituées d’habitations individuelles juxtaposées, elles privilégient dans leur mode constructif les matériaux locaux.

Granet est également l’auteur de nombreux immeubles de rapport bâtis à Paris :
- immeuble au 30 avenue Marceau
- immeubles au 32 à 38 rue Desaix
- immeuble de prestige au 31 boulevard Suchet dont les façades évoquent le Splendid Hôtel de Dax
- le groupe d’immeubles des 6 et 8 boulevard d’Ornano annonce les jeux volumétriques de l’Atrium Casino et du Splendid Hôtel de Dax
- et enfin les immeubles aux 32 et 34 rue des Jeûneurs

Le laboratoire national d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, qu’il réalisa entre 1940 et 1960, lui donna l’occasion de développer les multiples facettes de sa personnalité. Les ferronneries d’art et des portes et des escaliers de la bibliothèque, réalisées par Subes (qui est l’auteur des grilles de la faculté des Sciences à Talence) contribuent à la qualité d’un ensemble qui compte, avec les édifices dacquois, parmi les grandes réussites d’André Granet.

Au salon de l’automobile et de l’aviation de 1926, Granet conçut le plafond comme une succession d’éléments rectilignes, éclairés par transparence (qui ne sont pas sans évoquer le hall du Splendid Hôtel de Dax). L’année suivante, il mit en place de grands lustres horizontaux disposés sur les axes, et associés à des réflecteurs suspendus. Dès 1929, on vit apparaître de grands lustres verticaux, qui deviendront sphériques en 1930, en fort relief sur un plafond orné de motifs géométrisés. Progressivement, la lumière devint prépondérante dans la scénographie de ces manifestations orchestrées par Granet.


A Dax, le Splendid Hôtel et l’Atrium Casino illustrent le style particulier de cet architecte qui sut donner au style Art Déco une expression particulièrement séduisante.